Toute la prog' est sortie!

Depuis 1983, Art Rock est un terrain d’expériences où la musique surgit là où on ne l’attend pas, où la danse dialogue avec l’art contemporain, où les découvertes côtoient les têtes d’affiches. Le temps du week-end de la Pentecôte, le festival redessine les contours de Saint-Brieuc, investissant une dizaine de lieux de son centre-ville avec près de 70 propositions artistiques intenses, faites d’émotions, de corps en mouvement, de clameurs partagées et de révélations qui marquent durablement l’âme et le coeur. Festival 100 % associatif et indépendant, Art Rock revendique l’audace, la curiosité, l’ouverture et le goût du commun. Après une édition 2025 rugissante, jouée à guichets fermés, il rouvrira sa faille spatio-temporelle les 22, 23 et 24 mai 2026 à Saint-Brieuc (22) pour un nouveau chapitre à écrire ensemble.
Pour cette 43e édition, Art Rock se pense comme un miroir embellissant du réel, esquissant l’image d’une société où artistes et festivalier·e·s, toutes origines, genres et générations confondus, se rencontrent et partagent un même espace le temps d’un week-end. De miroir il en sera question à l’occasion de l’exposition À travers le miroir, réflexions autour de la réflexion, présentée au Musée du 19 au 31 mai. À travers les oeuvres d’artistes internationaux – parmi lesquels l’Américain Douglas Gordon, le Chinois Song Dong, la Sud-Africaine Zanele Muholi ou encore le Chilien Iván Navarro – l’exposition invite à une exploration de la thématique du miroir, bien au-delà de sa simple surface réfléchissante.
Sur sa Grande Scène, Art Rock accueille les poids lourds du hip-hop américain De La Soul pour une date unique dans l’Ouest. Le rock fait son grand retour avec les Anglais de The Kooks et Babyshambles et les Français de Last Train, tandis que les chansons passionnées de Véronique Sanson nous replongent dans l’histoire de la musique française. La pop se déploie sous toutes ses formes : influencée par l’électro et le rap avec disiz, cool et poétique avec le tendre et rêveur Sébastien Tellier, ou engagée avec les hymnes de la tornade Suzane. Grand habitué du festival, Gaëtan Roussel partage à nouveau ses tubes avec le public briochin qui l’adore. Les nouvelles pépites de la scène française, Marguerite et Miki, ainsi que le folk-rockeur au grand coeur Bertrand Belin, ouvrent les soirées sur la Grande Scène. Lorsque la nuit est tombée, les fins de soirée se font électrisantes et libératrices : le voyageur Thylacine dévoile son show lumineux et délicat, la grande fête de l’icône de la culture club Jen Cardini embrase le dancefloor, et la divadrag Piche offre un live grandiose qui clôt le festival en apothéose.
La danse s’invite avec éclat sur la Grande Scène grâce aux interventions en inter-concerts des cinq danseuses de Leïla Ka pour Ondulations, extraits de son spectacle Maldonne. Tandis qu’au Grand Théâtre, le chorégraphe belge Jan Martens fait vibrer le plateau avec le bondissant et fascinant The Dog Days Are Over 2.0.
La Scène B, installée au pied de la cathédrale gothique, continue de sublimer l’émergence artistique sous toutes ses formes. On succombe à la pop-rock énergique de Sam Sauvage et Camille Yembe, au rap aux sonorités orientales d’Ino Casablanca et Danyl, à la pop 80s flamboyante de Flora Fishbach, et au flow percutant d’Arma Jackson et Asfar Shamsi. Hors normes, hybrides et inattendus, les concerts de Gildaa et Clara Kimera nous entraînent dans des univers singuliers. La musique bretonne traditionnelle se mêle aux influences électroniques, jazz et rock chez Fleuves, pour une expérience collective proche de la transe. L’Attrapeur, fusionne techno et rap dans une frapcore explosive, tandis que Tallou enveloppe le public de sa soul émotive et envoûtante.
La nuit s’embrase au Forum, chaudron rock du festival, où les Américains Model/Actriz, les Anglaises de Lime Garden et Heartworms, les Suédois Boko Yout, les Hollandais Baby Berserk et les Français Arthur Fu Bandini, Max Baby, Jasmine Not Jafar et Bonne Nuit célèbrent le rock sous toutes ses formes. Entre riffs de guitares punk, audaces électroniques et influences inédites, chacun insuffle au genre ce petit je-ne-sais-quoi qui nous fait déjà attendre impatiemment l’heure tardive et les nuits à venir.
Au coeur du festival, le Village vibre au son des Musiciens du Métro et des talents bretons, régalant les oreilles des festivalier·e·s, tandis que les chef·fe·s de Rock’nToques s’activent en cuisine pour proposer des plats gastronomiques à prix doux. Espace familial avec un spectacle pour le jeune public le samedi, lieu de réflexion avec un cycle de tables rondes sur des thèmes de société le dimanche : la place de la Résistance devient celle de tous les possibles !
A l’image du personnage présent sur l’affiche de cette 43e édition réalisée par l’artiste Camille Jacquelot, regardant de tous les côtés, les festivalier.e.s d’Art Rock ne sauront où donner de la tête pour ces 3 jours et 3 nuits intenses de tourbillon créatif.

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