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  • Afrique du Sud

ZANELE MUHOLI

Du 19 au 31 mai 2026 /

Musée

Bona, Charlottesville, 2015
Tirage photographique encadré

Photographe et activiste visuelle, Zanele Muholi témoigne à travers ses oeuvres de la communauté LGBTQIA+ noire en Afrique du Sud. Né en 1972 dans un township à la périphérie de Durban, Zanele Muholi s’installe, à l’âge de 19 ans, à Johannesburg où iel s’inscrit, en 2002, au Market Photo Workshop, école fondée par le mythique photographe sud-africain David Goldblatt. Sensibiliser le monde aux existences queer, à leurs récits, leurs luttes; mais aussi repenser l’histoire visuelle de cette communauté trop longtemps réduite au silence : voilà la mission que l’artiste s’est donnée à travers ses photographies.

Après Faces and Phases (2006), série de portraits de femmes noires lesbiennes et transgenres accompagnés de témoignages documentant les expériences individuelles des participantes, iel se lance dans sa série Somnyama Ngonyama en 2012. A travers ses autoportraits en noir et blanc, dans laquelle iel se représente sous diverses apparences, avec toute une gamme d’accessoires et d’ornements, et sur des fonds variés, Zanele Muholi continue d’aborder des thèmes socio-politiques, mais de façon plus autobiographique et intime que ses projets précédents.

Zanele Muholi décrit sa démarche pour sa série photographique Somnyama Ngonyama (qu’on pourrait traduire « Salut, la Lionne Noire » ) ainsi : « C’est une approche résolument personnelle que j’ai adopté en tant qu’activiste visuel pour questionner la dimension politique de la race et de la couleur de peau dans les archives photographiques. Il s’agit d’une déclaration de présentation de soi à travers le portrait. L’ensemble de la série fait également référence au concept de MaID (« My Identity », mon identité) ou, lu différemment, « maid » (servante), le nom quotidien et dégradant donné à toutes les femmes noires soumises en Afrique du Sud. ».

Chacune des photographies présente une noirceur saturée et assumée, obtenue en atténuant délibérément les reflets lumineux, ce qui accentue la couleur foncée de la peau de Zanele Muholi. L’artiste dit que « Assombrir volontairement la couleur de ma peau dans mes photos me permet de mieux revendiquer mon appartenance noire. Le corps noir lui-même est le matériau. Le corps noir est sans cesse scruté, violé et dénigré ».

Par l’autoportrait, l’artiste se lance dans un voyage à la recherche de son identité, repensant la culture du selfie, de l’auto-représentation et de l’expression de soi. Iel dit : « J’ai étudié comment les photographes peuvent questionner et traiter le corps comme un matériau ou le mélanger à des objets afin d’esthétiser davantage la personnalité noire. Ma préoccupation constante est la suivante : les photographes peuvent-ils se regarder eux-mêmes et s’interroger sur leur place dans la société et la position qu’ils occupent, puis conserver ces rôles par la suite ? ».

Le festival Art Rock remercie la galerie Carole Kvasnevski et ses équipes pour le prêt de cette oeuvre.

Hors festival : mar-sam 10h-18h et dim 14h-18h / Pendant festival : 10h-22h.

LOUIS-PHILIPPE RONDEAU

Du 19 au 31 mai 2026

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